
Départ de bon matin de l’équipe Piedmain en direction de la Sainte Victoire. Pour occuper les deux heures de route, programme musical varié ponctué par des airs de Taylor Swift pour faire honneur à notre guide Loïc, fan de pop à ses heures perdues. On retrouve les copains arrivés le vendredi soir et on ne perd pas de temps, direction les pentes calcaires de la victoire, plein d’ambition et avec l’envie d’en découdre sous un beau soleil.

Etant donné que l’on part pour trois jours il faut penser « stratégie », à savoir ne pas se cramer dès le premier jour histoire d’avoir encore un peu d’énergie le lundi. Ça commence mal avec une petite couenne de 40 mètres de haut, coté sagement 5C. Une voie d’échauffement nous dit Loïc, un petit mouvement difficile au début et ensuite c’est tranquille. Je pars donc confiante dans ma capacité à arriver en haut. Premier pas un peu difficile, je décide de forcer un peu, c’est pas très joli mais ça passe. Pense à poser tes pieds avait dit Loïc. Bon, j’y penserai pour la prochaine voie. Je continue, je commence à transpirer gentiment. Dis donc 40 mètres c’est quand même long non ? Arrivée à quelques mètres du haut de la voie, une jolie dalle avec pas beaucoup de prises. Je cherche mais non, rien de bien appétissant et surtout les bras commencent à bien chauffer. Je redescends, bien déçue de ne pas être arrivée en haut et surtout inquiète de ma capacité à passer les petits passages en 6A/6B prévus le lendemain.
Les voies d’après sont du même acabit. Malgré un niveau relativement accessible sur le topo, on fait moins les fiers sur la falaise, notamment pour ceux qui ouvrent en tête avec des points d’ancrage écartés de plusieurs mètres. Je suis admirative de les voir grimper en douceur etsans stress malgré tout. Et Fanny qui passe une 6C, impériale. La Sainte Victoire nous livre ici son premier enseignement : il faudra savoir se montrer humble. Si c’est du 5C, c’est du 5C « sérieux ». On modifie donc nos ambitions pour le lendemain et on partira pour une looooongue grande voie, 16 longueurs, mais d’un niveau plus accessible.
Le soir c’est repos bien mérité autour d’un bon repas (le grilladin a bien travaillé) dans une super maison au milieu des pins. L’ambiance est au beau fixe, des filiations se créent. J’ai vraiment hâte d’être au lendemain pour ma première grande voie !
Le deuxième jour, un soleil toujours aussi magnifique se lève sur la Sainte Victoire et nous partons de bon matin en direction des Moussaillons. A la vue des autres grimpeurs sur le parking, on se rappelle qu’on est le week-end de Pâques et qu’il fait grand beau, et Loïc décide donc de partir en courant pour qu’on soit les premiers sur la voie. Cette décision ne sera pas forcément payante puisqu’on perd une partie du groupe, et qu’on arrive à peu près en même temps qu’une cordée de deux français qui passe avant notre groupe de sept. Il faudra donc patienter un peu, ce qui nous laisse l’occasion de discuter de l’évolution de la société patriarcale le temps que Maxime accompagné de Loïc ouvrent la voie. Vaste sujet ! C’est précisément à ce moment-là que Tonio, le seul homme du groupe resté à terre s’est demandé s’il n’aurait pas dû partir en tête à la place des deux autres...
Trêve de plaisanteries, la première cordée vient de partir et ça va bientôt être à nous. La première longueur est très jolie, avec une roche un peu différente faite de concrétions rocheuses. Ça patine un peu parfois mais dans l’ensemble pas de difficultés. Les longueurs s’enchainent tranquillement, la vue est absolument incroyable (majeure aurait surement dit Loïc) et la roche très agréable.



Vu que nous fermons la marche avec Tonio, on a la responsabilité de récupérer le matériel. Arf, ces coinceurs bicoin sont bien galère à enlever et mon sac à dos pas du tout pratique. On m’avait pourtant dit d’emporter un 20L. Petite pause sandwich rapide à un relai, on est à la fois chauffés par le soleil et un petit vent vient nous rafraichir, c’est bien agréable. Moi qui avait peur d’avoir le vertige tout va bien jusque-là, bien entourée par Fanny et Tonio. On repart, on retrouve la première cordée sur une petite plateforme pour faire une pause et reprendre des forces, le temps de laisser passer un trio de belges plus rapides que nous, avant de repartir pour les dernières longueurs des Moussaillons.


Nous arrivons sur un plateau intermédiaire et il faut alors prendre une décision. Nous avons perdu pas mal de temps en laissant passer d’autres groupes, et si nous décidons de poursuivre avec l’Arête du Jardin, on risque fort d’arriver de redescendre à la nuit. Est-ce qu’on préfère continuer ou redescendre ? On décide alors collectivement de redescendre, et on entame une descente parmi les strates horizontales de la Sainte Victoire. On en profite pour observer des petites chèvres qui ont élu domicile là.


On retrouve alors le sentier principal et le groupe se sépare en deux, une partie descendant directement à la voiture et les autres montant au sommet pour profiter de la vue, sans corde cette fois. La vue valait vraiment le coup !

Bien fatigués par ce petit « détour », c’est avec plaisir qu’on s’attable une fois de plus autour de grillades andalouses, après avoir tenté un pas de bloc-tronc d’arbre (perso je suis restée sur les fesses).

Troisième jour, temps toujours aussi magnifique. Les muscles sont plus échauffés mais accumulent aussi un peu de fatigue, on part donc pour une journée de couenne pour se faire plaisir. Il fait bien chaud, il va falloir s’hydrater régulièrement. Les voies et la roche sont toujours aussi belles et à ne pas prendre à la légère. J’ouvre ma première voie en tête, ça se passe bien malgré mon appréhension. Il va falloir grimper en extérieur plus souvent pour accumuler de la confiance. Au moment de la pause déjeuner, Loïc nous montre les techniques de réchappe, on apprend des nœuds et même une technique d’auto-assurage. Tonio, que rien n’arrête au cours de cette troisième journée, fait sa première voie en tree-solo. Le repas semble avoir sonné le glas de la motivation. La grimpette se fait concurrencer par la sieste. Il faut dire qu’on est bien à l’ombre en bas de la roche.

Et puis il est temps de rentrer direction Sète ! Merci aux Piedmains du week-end et à Loïc pour ce superbe week-end, de m’avoir bien intégré à votre groupe et pour cette première expérience de grande voie ! J’ai vraiment hâte de remettre ça.






























































