
21 mars 2026, le jour du printemps est là ! Il fait beau, il fait chaud et me voilà partie pour une journée d’escalade après une longue pause depuis octobre… Mes chaussons et mon baudrier de falaise se demandaient presque s’ils n’allaient pas prendre leur retraite anticipée.
Mais me voilà repartie où ??? En grande voie à Saint Guilhem le Désert. Rien que ça. Pour une reprise, c’est de la reprise. Mais bon, comme on dit « à un moment, il faut bien commencer quelque part ». Ce quelque part c’est la voie Fraissinet (Roc de la Bissone). Très bel itinéraire, que je trouve continu même si pas soutenu au niveau de sa difficulté, parfois athlétique mais avec de belles prises (quand elles ne se cassent pas). C’est une belle voie ….raide…. Bref un condensé de tout ce que tu fais, …. Préparée quoi….

Autant dire que j’étais surmotivée ! Je me suis même préparé 3 œufs au lieu de 2 ! J’ai rajouté du concombre avec mes carottes, et le truc de fou : j’ai pris une tielle…. Le genre de motivation où tu te dis : « aujourd’hui, rien ne peut m’arrêter ». Spoiler : la montagne n’est pas sourde et m’a entendu.
La première longueur, nickel. Fluide, presque élégante (ne vous inquiétez pas, je reste humble). Je me sentais forte, prête à en découdre.
Je ne sais pas pourquoi j’ai eu la douce idée de demander à Loïc où était la prochaine longueur, et là il me montre une traversée à gauche. J’aurais dû fermer les yeux. Je ravale ma salive et j’y vais avec une Nathalie qui fait « Béa pour Béa ». Bref je passe, j’arrive au relais.

Arrive la troisième longueur… et là…. Comment dire…. Je me suis demandé « mais ma pauvre fille qu’est-ce que tu fous là ! ». Ben oui Loïc m’annonce une jolie traversée mimie vers la gauche. Et Dieu, Shiva, qui voulait sait que j’adoooooorrreeee les traversées !
Et là le stress, oui le stress m’a littéralement sauté dessus sans prévenir. La petite voix dans ma tête a décidé de faire une réunion de crise avec elle-même : « Et si tu tombais ? Et non, tu ne vas pas y arriver… Et si c’était une mauvaise idée depuis le début ? »
Résultat : paralysie quasi générale. Le genre de moment où tu te retrouves collée à la paroi comme un sticker mal positionné ou une version du gecko en détresse. Nathalie, toujours en position « Sauvons le soldat Béa » a assuré grave !!!
Bon, j’y suis arrivée, mais whouaaa, le genre longueur où tu te demandes pourquoi tu fais ça…tout en sachant très bien pourquoi…

Et là -retournement de situation- arrive un magnifique dièdre. Facile, fluide, presque magique. Le rocher devient sympa avec le soldat Béa, les mouvements s’enchaînent (n’oubliez pas, toujours avec grâce et volupté), la tête se calme. Un vrai moment de grimpe qui te réconcilie instantanément avec ce que tu viens de traverser.
Puis luxe absolu : pause pique-nique sur une vire à attendre les copains des autres cordées, avec une vue à couper le souffle. En fait, ça aurait été criminel de ne pas grimper jusque-là !
Œufs durs-carottes + panorama = bonheur simple mais ultra efficace.
Nathalie a failli s’étouffer en regardant la beauté de la vue !

Bon…. Sauf qu’il faut repartir.
Bon je passe sur la mini traversée…. Qui d’un coup me paraît fastoche.
Dernière longueur : magnifique … rien à dire là-dessus, esthétique, mais physique. C’est à ce moment précis que la fatigue s’invite. Mon corps a décidé de poser sa démission. Plus de jus, les bras et les jambes en mode « grève générale ». Chaque prise devient une négociation syndicale
« Tu montes »
« Non »
« Allez »
« Non »
« Juste une dernière »
« Non »
Loic sort sa technique « je te tire vers le haut ».
Mais au milieu de tout ça…petit miracle. Le cerveau et le corps s’entendent pour la reprise totale de l’activité. Sans trop prévenir, tout repart. Les mouvements redeviennent plus propres, les prises moins hostiles et l’ensemble commence presque à ressembler à de l’escalade.
Bon, on reste sur une fin en beauté… Il y avait du style… un peu…de loin…si on plisse les yeux….
Et finalement, mètre après mètre (ou centimètre après centimètre), je sors la longueur, un peu en vrac certes, mais avec ce petit sentiment de victoire qui fait tout oublier

Et au final, quelle belle journée : entre stress, dièdre magique, pique-nique suspendu, traversée-de-la-mort-qui-tue-pas et dernière longueur épique, c’était le genre de journée qui te secoue un peu,….mais que tu n’échangerais pour rien au monde.
Conclusion : j’ai souffert, j’ai râlé…. Et évidemment, j’ai adoré !
PS : un grand merci à Loic pour sa patience, à Nathalie pour son soutient sans faille et les moments de franche rigolades suspendues, à Baz pour les moments de bonheur au relai et aux autres copains et copines présents ce jour-là qui ont apportés joie et bonne humeur (Fanny, Mathilde, Camille et Joris).
On été aussi au milieu d’une battue, mais ça c’est une autre histoire
Je pense que Mathilde, peut nous faire un article tout aussi épique
BEA





















































